Léon Besnardeau, inventeur de la première carte postale française illustrée

Auto portrait de Léon Besnardeau
Portrait de Léon Besnardeau - Fac-similé carte postale de Léon Besnardeau

De l'enseignant au libraire 

Léon Besnardeau (1829-1914) est un modeste papetier-libraire de Sillé le Guillaume.

 

Il est né le 14 novembre 1829 à Courcelles dans le canton de Malicorne. Il fait de solides études au Mans et embrasse la même carrière que son père dans l'enseignement primaire. Nommé à Saint-Rémy de Sillé, il épouse le 9 juin 1857, Marie-Françoise Coulon âgée  de 19 ans.

 

En 1865 un fonds de commerce de libraire, rue Dorée à Sillé le Guillaume se trouve vacant. Pour des raisons familiales et financières, Léon Besnardeau abandonne sa carrière d'enseignant et achète le fonds plus lucratif.

 

 

 

La librairie de Besnardeau

Cette libraire a eu ses heures de notoriété. Elle était jadis installée rue de Mayenne. Elle fut longtemps tenue sous Louis XVI, par le sieur Deforges, qui vendait de la papeterie et de très curieuses brochures populaires. Ces brochures imprimées au Mans étaient vendus aux habitants de Sillé et aux alentours pour la modique somme de 2 et 4 soles. Ces brochures fleurent bon le terroir et les légendes folkloriques.

 

Léon Besnardeau continue dans la librairie, la tradition de ses prédécesseurs. Il la modernise en la mettant au goût de l'époque, vend des livres sur le jardinage, la cuisine et des objets de papeterie...

 

Le camp de Conlie

Lorsque survient « la folle guerre de 1870 », Gambetta alors ministre de la guerre galvanise toutes les forces du pays et fait établir un vaste camp militaire à Conlie pour environ 60 000 mobilisés bretons. Dès le milieu du mois de novembre, des trains spéciaux y amènent  des nouvelles troupes.  

Le camp de Conlie aurait pu rendre d’appréciables services. Malheureusement, l'intendance n'est pas toujours à la hauteur de la tâche. Le gouvernement naissant de la IIIème république fait preuve d'une grande méfiance à l'égard des jeunes Bretons qui sont considérés comme une "armée de chouans".

 

Les soldats parqués dans des conditions hivernales très difficiles, viennent à manquer rapidement du strict nécessaire dont le papier à lettre pour donner des nouvelles à leur famille.

 

La première carte postale de Léon Besnardeau
Fac-similé de la première carte postale de Léon Besnardeau

La 1ère carte postale pour les soldats Bretons

Léon Besnardeau doit alors répondre à un besoin imprévu.

Il a l'ingénieuse idée de découper en petits rectangles de 9,9 cm sur 6,6 cm, les couvertures des cahiers dont il a déjà vendu les feuillets au détail, ainsi qu'un stock de cartons blancs.  Ces cartes peuvent être envoyées sans enveloppe. 

 

La première carte postale illustrée française voit le jour à Sillé le Guillaume.

 

Le recto est orné d’allégories et de devises guerrières ou des armes de Bretagne. Les cartes sont dans un premier temps destinées uniquement aux mobilisés du camp de Conlie. Elles portent comme légende que les mots " Guerre de 1870 - Camp de Conlie - Armée de Bretagne" avec cette inscription dans une banderole "Souvenirs de la défense nationale" et les mots "Famille - honneur" et "Patrie -liberté" gravés à l'intérieur des deux couronnes de feuilles de chêne.

 

C'est la Maison Oberthur de Rennes qui imprime les dessins.

 

Les cartes de Besnardeau connaissent un vif succès, au camp de Conlie d'abord, le succès s'étend dans les milieux militaires puis dans d'autres milieux.

 

 

 

Fac similé de la carte postale de 1870 de Léon Besnardeau
Fac similé de la carte postale de 1870 de Léon Besnardeau

 La 2e carte postale pour l'armée française

En 1871, Léon Besnardeau fait éditer un second type de cartes postales. Format et couleurs (bleu-vert pâle ou mauve) sont identiques  mais les dessins différèrent.

 

On peut y voir une large guirlande de feuilles de chêne et de feuilles de laurier, portant enlacés, comme dans les cartouches des premières cartes, à gauche les mots "Famille - honneur", à droite les mots " Patrie - Liberté" avec deux canons entrecroisés sur deux drapeaux et une grenade en pointe.  Besnardeau ajoute sur les secondes cartes, à gauche et à droite du bas de la guirlande, en caractère assez peu lisibles, les mots "République Française".

Ces cartes sont destinées à l'ensemble de l'armée. Les légendes portent des mentions nouvelles "Guerre de 1870-71" remplace les armes de Bretagne et "Armées de terre et de mer" se substitue à Armée de Bretagne.  La banderole "Souvenir de la défense nationale " demeure.

Besnardeau laisse en blanc, à l'intérieur, 4 cartouches posés sur la guirlande qui permettent à l'expéditeur de mettre des indications militaires : son arme, le numéro de son régiment...

 

De l'oubli à la reconnaissance

La guerre terminée et la camp de Conlie fermé, l'oubli tombe sur le libraire Silléen. 

 

Le Poète Théodore Botrel se fait l'écho dans un de ses poèmes de la souffrance des mobilisés et des cartes de Léon Besnardeau :

"On voit la Nuit de l'Oubli faite

Sur la guerre et sur la défaite...

Mais humble bout de carton

Et ces trois mots "Camp de Conlie" 

Nous font frémir; un vrai Breton

Jamais la Revanche n'oublie!"

(Théodore Botrel)

 

Lancée en France par Besnardeau en 1870, la carte postale illustrée ne commence sa conquête mondiale qu'à partir de 1895. Son âge d'Or s'étend sur un quart de siècle de 1900 à 1925.

La carte postale, profite de multiples inventions techniques et vise à la perfection artistique. Par un contraste paradoxal, elle devient plus banal dans la vie quotidienne.

 

Le 30 août 1902, Le Petit Journal écrit un article dithyrambique sur l'ingéniosité de Léon Besnardeau et ses mérites de précurseur. 

Le journal consacre Besnardeau comme le « père de le carte postale » et l’inventeur de cet objet de communication si courant aujourd’hui.

Besnardeau devient alors "le Dieu des cartophiles français".

Il est invité à des réceptions officielles, reçu des cartes postales des quatre coins de la planète et comble de la gloire, il est même caricaturé!

 

L’article est repris dans le New York Times du 21 septembre 1904.

 

9 juin 1906, attestation des droits d'inventeur de la carte postale. Léon Besnardeau est au premier rang au centre entouré de 4 témoins.
9 juin 1906, attestation des droits d'inventeur de la carte postale. Léon Besnardeau est au premier rang au centre entouré de 4 témoins.

Contestations

Léon Besnardeau est à de maintes reprises contesté dans la paternité de la carte postale.

Pour se prémunir contre toute usurpation, il prend soin, 36 ans après la guerre, le 9 juin 1906, de faire attester ses droits d'inventeurs par la Mairie de Sillé  par 4 témoins :

- François Testu

- Alexandre Lapierre

- Constant Guittet

- Clément Bellanger.

 

Une photographie de l’événement est prise et reproduite en carte postale avec une attestation adressé "Aux collectionneurs"

 

L'éditeur de carte postales

Léon Besnardeau  fait transférer sa librairie rue Dorée sur la place de la République dans l'actuelle rue du Commandant Levrard.

 

Il est heureux en affaire et en mariage. il a un fils Henri qui devient Jésuite et une fille Marie-Léonide qui épouse Louis Vaux, typographe de Sillé le Guillaume. Le gendre succède à son beau-père et devient à son tour éditeur de cartes postales sous le nom de Veau-Besnardeau. Léon Besnardeau sent ses forces se décliner, il quitte Sillé le Guillaume pour s'établir à Château-Gonthier. Le fonds d'imprimerie à Sillé est vendu à François Deslandes.

Nommé président d’honneur du « Cartophile Club de France », l’inventeur meurt le 9 septembre 1914 dans le plus grand dénuement. Il est enterré à Château-Gonthier.

 

 

 

330 millions d'exemplaires de cartes postales sont vendus chaque année en France et c'est de Sillé que s'est envolée il y a plus d'un siècle la première carte postale française!

 

Source : article de M.Termeau dans les Alpes Mancelles de novembre 1970

 

Prévisions Meteo Sillé-le-Guillaume

Office de Tourisme de la Champagne Conlinoise et du Pays de Sillé

 

Sillé-Plage

Office de Tourisme

de la Champagne Conlinoise et du Pays de Sillé

 

Tél.+33 (0)2.43.20.10.32

tourisme.sille@wanadoo.fr

www.tourisme.sille-le-guillaume.fr

 

Les lieux d'accueil :

 

Tél.+33 (0)2.43.20.10.32  

Mail : tourisme.sille@wanadoo.fr         

                    -------------------

Office de tourisme de la Champagne Conlinoise et du Pays de Sillé

 

Sillé Plage en face du grand parking

  • Avril à juin et septembre ouvert le mercredi de 14h à 18h et du jeudi au dimanche de 10h à 12h30 et de 14h à 18h

 

  • En juillet et en août, ouvert tous les jours de 10h à 12h30 et de 14h à 18h

Tél. +33(0)243 20 19 97

Mail :tourisme.sille@wanadoo.fr 

 

 -----------------------------------------------

Centre-ville de Sillé-le-Guillaume

 place de la Résistance  

(en face de la Mairie de Sillé-le-Guillaume)

 

  • De novembre à janvier inclus, ouvert le mercredi matin de 10h à 12h30

 

  • Février à juin et septembre, octobre, Lundi et mardi : 10h à 13h et 14h à 17h Mercredi de 10h à 12h30

 

  • Juillet et août, ouvert du lundi au vendredi matin de 10h à 13h

Tel : +33(0)2 43 20 10 32

----------------------------------------------

Château de Sillé-le-Guillaume

Place des Minimes

  • Juillet et août, ouvert le lundi de 14h à 18h et du mercredi au samedi de 14h à 18h. Le dimanche de 10h à 12h30 et de 14h à 18h.

FERMETURE LE MARDI

Office de Tourisme de France